Les Lettres en hypokhâgne et en khâgne

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L’horaire d’enseignement des lettres, en hypokhâgne et en khâgne, est de 5 heures hebdomadaires pour le cours commun, auxquelles s’ajoutent 3 heures d’option de Lettres Modernes en khâgne classique, ou 6 heures en khâgne moderne pour les spécialistes de Lettres.

En hypokhâgne

Le cours de lettres s’inscrit dans une formation pluridisciplinaire, et prend sens pour l’étudiant en synergie avec les cours de philosophie, de langue, ou d’histoire. La littérature toutefois, au carrefour de ces disciplines, a la particularité d’être à la fois art du langage et expression d’une pensée, d’être solidaire d’une histoire des idées, et d’une représentation des formes. Elle propose des idées une représentation, complexe, susceptible d’appeler réflexion, esprit critique, et émotion. Invitation au cheminement, plus que leçon donnée, elle a un rôle central à jouer dans la formation intellectuelle, morale et sensible, de ces jeunes esprits, leur fournissant en particulier les formes essentielles à partir desquelles ils appréhenderont la complexité du monde. Elle concerne à ce titre spécialistes et non-spécialistes, dont la culture constituée dans ces classes sera un atout majeur.

Le cours de lettres s’appuie sur un essentiel travail des textes, demandant un certain nombre de lectures aux étudiants, l’idée centrale étant de constituer un bagage culturel suffisamment large et précis, pour permettre une pensée globale du champ littéraire : romans, recueils de poèmes, pièces de théâtre, essais… Le programme de l’hypokhâgne est laissé à la discrétion du professeur, qui généralement puise dans les classiques et les grands textes, ne s’interdisant bien sûr pas des incursions dans les littératures antiques, étrangères, ou les autres arts (cinéma, peinture…). Ce travail des textes nourrit un apprentissage essentiel des exercices d’écrit : apprentissage de la dissertation, exercice de base de l’enseignement supérieur en France, qui est décisif dans la maîtrise des procédés de l’argumentation, de la correction de la langue, de la soumission à un sujet donné. Le commentaire, et/ou l’explication de texte, accompagnent et complètent ce travail d’écrit et d’oral, permettant une première approche de la lecture critique des textes littéraires, testant la pertinence de la compréhension, l’aisance de l’explication.

La classe d’hypokhâgne est le lieu premier et essentiel de la formation d’une culture, la rencontre pour les élèves de ceux que R. Char appelait « les grands astreignants », auteurs, pensées, poussant à une plus haute exigence, à une appréhension plus juste, informée, du monde, qui se fait dans un compagnonnage étroit avec le professeur.

En khâgne

C’est d’abord ce travail d’acquisition qui se poursuit, de façon plus approfondie, et moins libre, dans la mesure où cette fois les programmes sont définis, et fixés par les deux écoles normales supérieures, qui décident du contenu de chaque discipline (les écoles supérieures de commerce, ouvertes depuis quelques années à nos élèves, conçoivent leurs sujets sur ces mêmes programmes). Depuis 2009-2010 l’épreuve écrite de lettres est la même dans les deux écoles.

Ce programme, pour le cours commun, qui regroupe tous les étudiants, est constitué par trois « axes » ou « questions » : cette année 2010, le roman, littérature et politique, et l’œuvre et l’auteur, et cinq œuvres au programme. C’est un programme annuel, dont le contenu est donc renouvelé chaque année, garantissant une égalité des chances entre « carrés » et « cubes ». La pratique de la dissertation, exercice central de ce dispositif, s’intensifie dans cette classe, de même que celle de l’explication de texte, exercice d’oral sur programme pour l’ENS-LSH, hors programme pour Ulm. Le travail des textes se fait plus précis, plus exigeant, en vue d’amener les élèves à une pensée la plus approfondie possible des sujets donnés. Certains étudiants –ceux qui se hissent au niveau du concours- font dans cette classe des progrès remarquables ; tous gardent de ce contact privilégié avec les grands auteurs une empreinte fondamentale.

Certains d’entre eux –les « littéraires »- poursuivent cette démarche en option lettres modernes, apprenant l’art complexe du commentaire composé, hors-programme en khâgne moderne, le corpus portant sur tout texte, du XVIIe au XXIe siècle, sur programme en khâgne classique, où les élèves s’initient à la littérature comparée. La constitution de petits groupes, en rapport étroit avec un professeur, qui est souvent le même que celui du cours commun, permet un apprentissage privilégié, tout à fait unique, et construit de véritables spécialistes.

Le travail en Lettres est important, mais passionnant ; apprentissage de l’exigence, il constitue ce terreau fertile d’où sortiront, nous l’espérons, des esprits plus justes, mieux formés, véritablement humanistes.