Hypokhâgne

Le lycée Condorcet propose deux classes indifférenciées de lettres supérieures (ou hypokhâgnes) qui conduisent aux deux classes de première supérieure (khâgne classique et khâgne moderne).

Les élèves entrant en hypokhâgne devront montrer une réelle capacité de travail et une bonne maîtrise méthodologique.

Il leur sera demandé notamment :

  • d’avoir acquis des connaissances et des compétences solides en première et en terminale ;
  • de manier la langue française avec aisance à l’écrit comme à l’oral ;
  • d’avoir un goût affirmé pour la lecture, l’écriture, l’étude et la pensée ;
  • d’être performant en langues vivantes ;
  • d’avoir de la curiosité intellectuelle ;
  • de s’engager à être assidus et ponctuels.

Les horaires en hypokhâgne sont les suivants :

horaire-litteraires

Cette année est déterminante ; les cours visent à doter les élèves d’une solide culture générale. Cette formation s’articule autour de deux axes : les enseignements de tronc commun et les options choisies en fonction du projet de chacun.

À l’issue des classes de première année, le conseil de classe, présidé par le chef d’établissement, prononce l’admission en seconde année préparatoire classique ou moderne.

L’hypokhâgne ne se redouble pas.

Les cours de tronc commun

Lettres

En hypokhâgne, le cours de lettres s’inscrit dans une formation pluridisciplinaire et prend sens pour l’étudiant en synergie avec les cours de philosophie, de langue ou d’histoire. La littérature toutefois, au carrefour de ces disciplines, a la particularité d’être à la fois art du langage et expression d’une pensée, d’être solidaire d’une histoire des idées et d’une représentation des formes. Elle propose des idées, une représentation complexe susceptible d’appeler réflexion, esprit critique et émotion. Invitation au cheminement, plus que leçon donnée, elle a un rôle central à jouer dans la formation intellectuelle, morale et sensible de ces jeunes esprits, leur fournissant en particulier les formes essentielles à partir desquelles ils appréhenderont la complexité du monde. Elle concerne, à ce titre, spécialistes et non-spécialistes dont la culture constituée dans ces classes sera un atout majeur.

Le cours de lettres s’appuie sur un essentiel travail des textes, demandant un certain nombre de lectures aux étudiants, l’idée centrale étant de constituer un bagage culturel suffisamment large et précis pour permettre une pensée globale du champ littéraire : romans, recueils de poèmes, pièces de théâtre, essais… Le programme de l’hypokhâgne est laissé à la discrétion du professeur, qui généralement puise dans les classiques et les grands textes, ne s’interdisant bien sûr pas des incursions dans les littératures antiques, étrangères, ou les autres arts (cinéma, peinture…). Ce travail des textes nourrit un apprentissage essentiel des exercices d’écrit : apprentissage de la dissertation, exercice de base de l’enseignement supérieur en France, qui est décisif dans la maîtrise des procédés de l’argumentation, de la correction de la langue, de la soumission à un sujet donné. Le commentaire, et/ou l’explication de texte, accompagnent et complètent ce travail d’écrit et d’oral, permettant une première approche de la lecture critique des textes littéraires, testant la pertinence de la compréhension, l’aisance de l’explication.

La classe d’hypokhâgne est le lieu premier et essentiel de la formation d’une culture, la rencontre pour les élèves de ceux que René Char appelait « les grands astreignants », auteurs, pensées, poussant à une plus haute exigence, à une appréhension plus juste, informée, du monde, qui se fait dans un compagnonnage étroit avec le professeur.

>> Bibliographie Lettres Supérieures 2017-2018

Philosophie

Les élèves d’hypokhâgne suivent quatre heures de philosophie hebdomadaires. Le travail en classe prépare à l’exercice de la dissertation. Pendant l’année, chaque élève passera en outre trois oraux d’une demi-heure chacun.

Le travail en hypokhâgne est d’une toute autre nature qu’en terminale, d’abord parce que l’on va y être d’une précision sur les thèses philosophiques beaucoup plus grande, demandant non plus seulement de les connaître et de les restituer, comme en Terminale, mais de comprendre avec précision l’argumentation qui les soutient, et de pouvoir réfléchir le raisonnement qui les a établies. L’élève y apprendra la patience du concept ! – car loin de traverser des notions ou l’histoire des idées, le professeur prendra le temps de s’y arrêter et d’analyser de façon détaillée et réfléchie les auteurs philosophiques choisis. Par ailleurs le cours ne constitue qu’une infime partie du travail de l’élève qui devra lire, seul, les auteurs proposés dans une bibliographie qui s’étoffera progressivement. L’apprentissage de cette lecture autonome, à laquelle les élèves ne sont certes pas habitués, est un grand acquis de l’année d’hypokhâgne : les élèves y apprendront qu’il ne s’agit pas de « ficher » et synthétiser les grandes thèses d’un auteur, mais de comprendre ses arguments, d’analyser comment ceux-ci soutiennent et démontrent une thèse, et comment celle-ci, ainsi, répond à une problématique. Savoir formuler celle-ci fait partie aussi des apprentissages essentiels.

Tout cela leur permettra de comprendre véritablement ce qu’exige la dissertation en classe préparatoire : identifier une problématique philosophique à partir de l’analyse d’un sujet et la traiter dans une réflexion libre, car elle est menée par l’élève qui la construit, mais toute nourrie des arguments raisonnés des auteurs travaillés, et des vérités qu’ils ont ainsi établies. L’élève en hypokhâgne ne devra plus travailler ces auteurs comme autant de doctrines, et il est loin de s’agir pour lui d’acquérir une culture philosophique sur l’histoire des idées : il ne s’agit pas de savoir, mais de réfléchir, ou plutôt de savoir pour réfléchir, de savoir réfléchir, sur la réalité du monde et de la vérité – ce qui ne s’apprend qu’avec la lecture des textes philosophiques à quoi prépare le cours. Il fera ainsi l’expérience du caractère très concret des vérités philosophiques, et donnera sens à l’abstraction qu’on lui prête.

Histoire

L’histoire en hypokhâgne constitue une discipline nouvelle pour les étudiants, qui découvrent de nouvelles périodes, de nouveaux thèmes, de nouvelles méthodes de travail fondées sur l’approche bibliographique des sujets de dissertation et le commentaire de documents. Il s’agit de doter les étudiants d’une culture générale historique mais aussi des règles de la méthode historique qu’ils devront savoir mobiliser dans toutes les autres disciplines s’ils veulent penser et écrire avec rigueur et exactitude.

En première année, les professeurs sont libres de l’organisation de leur enseignement pourvu qu’il couvre au moins trois des quatre périodes canoniques (histoire ancienne, histoire médiévale, histoire moderne, histoire contemporaine). Il s’agit à la fois d’initier les étudiants à de nouvelles thématiques, à de nouvelles exigences d’approfondissement, aux méthodes de production du savoir historique et aux débats historiographiques ainsi qu’à la pluralité des approches (histoire politique, culturelle, sociale, économique, religieuse…). Un travail régulier de lecture est demandé aux étudiants.

Des exercices oraux spécifiques d’une durée de 30 minutes (avec une heure de préparation) – les « colles » ou « khôlles » – ont lieu une fois par trimestre. Ils préparent aux oraux des ENS et constituent un moment privilégié de dialogue entre enseignants et étudiants pour apporter des conseils de méthode, d’expression et de présentation de la pensée.

>> Bibliographie histoire 2017-2018

Géographie

Les hypokhâgnes étant indifférenciées, tous les élèves suivent un enseignement de géographie de deux heures hebdomadaires.

Les circulaires officielles fixent de grandes orientations plutôt qu’un programme précis à caractère contraignant, de sorte que les thèmes abordés peuvent différer d’un établissement à l’autre : ainsi au lycée Condorcet, les professeurs choisissent des thèmes variés selon les années mais toujours larges, visant avant tout à initier les élèves à des approches et des modes de raisonnement directement issus de la géographie universitaire, sans avoir pour objectif prioritaire de former de futurs spécialistes.

Les interrogations individuelles (« colles ») permettent aux élèves, une fois par trimestre, d’aborder des sujets plus circonscrits, mais aussi et surtout de bénéficier de conseils méthodologiques personnalisés.

Les élèves qui le souhaitent peuvent ajouter à cet enseignement commun deux heures optionnelles, ouvertes à tous sauf aux élèves qui suivent déjà l’enseignement d’histoire de l’art. Ces heures sont en partie consacrées à des études de documents, sous une forme interactive facilitée par l’effectif plus réduit, et sont principalement (mais non exclusivement) destinées aux élèves qui envisagent des études ultérieures de géographie et d’histoire.

>> Bibliographie géographie (tous niveaux) 2017-2018

Latin

L’enseignement de langues anciennes est l’occasion, pour tous les élèves d’hypokhâgne, d’approfondir leur connaissance d’une Littérature sophistiquée, variée, plaisante, qui a profondément influencé la pensée européenne dans tous les domaines. Pour comprendre ces textes, il est nécessaire de se familiariser avec les différents aspects de la civilisation gréco-romaine, et le dialogue est permanent entre approches textuelles et civilisationnelles. Le projet de cet enseignement est de revenir aux sources, c’est-à-dire aux textes originaux, ce qui suppose de maîtriser les subtilités d’une grammaire à la fois étrangère et familière puisqu’elle a modelé toutes les structures de la langue française telle que nous la pratiquons aujourd’hui.

Les langues anciennes, latin et grec, sont enseignées à Condorcet par groupes de niveau (débutants ou confirmés). L’enseignement est de 4 heures par semaine, auxquelles s’ajoute 1 heure hebdomadaire de culture antique qui permet d’entrecroiser plus étroitement les deux civilisations antiques autour d’un thème différent chaque année et fixé par les programmes des ENS (le corps, la guerre, la famille, le temps, etc.)

>> Bibliographie latin 2017-2018 (débutants et confirmés)

Langues vivantes

En lettres supérieures (classe également appelée « hypokhâgne »), les élèves bénéficient de huit heures de cours hebdomadaires de langue s’ils choisissent de conserver deux langues vivantes: quatre heures en LVA (allemand, espagnol ou anglais) et quatre heures en LVB (allemand, espagnol ou anglais).

Il s’agit en deux ans, voire trois ans pour les « cubes » (ceux qui feront deux années de khâgne), de se hisser au niveau des concours de la BEL, banque d’épreuves communes aux Écoles normales supérieures (Ulm, Lyon et Cachan). Pour ce faire, un travail régulier et intense est indispensable durant ces années, mêlant étude de la langue et de la littérature et exigeant engagement personnel et réflexion approfondie. Comme dans toute classe préparatoire, les élèves se rendront vite compte que si la langue demeure la même, les exercices n’ont rien à voir avec ceux pratiqués au lycée et un investissement conséquent est donc indispensable afin de faire face aux nouvelles exigences.

Travail

En l’absence de programme, la classe de lettres supérieures laisse une grande liberté aux professeurs : le travail est non seulement centré sur la langue, mais également sur la littérature et la civilisation.

Voici à titre indicatif quelques axes de travail :

  • consolidation et acquisitions lexicales et grammaticales
  • analyse d’œuvres littéraires (extraits ou œuvres complètes) : explication de texte et commentaire composé
  • entraînement à la traduction (version et thème)
  • notions de civilisation

Evaluation

Un travail personnel régulier et soutenu est exigé tout au long de l’année, évalué régulièrement à l’écrit sous la forme de devoirs sur table et de devoirs-maison.

Un concours blanc est organisé chaque semestre sur une semaine et inclut des épreuves de chaque matière. Au premier semestre, l’épreuve de langue est de 4 heures et selon la langue et le contenu des cours, peut prendre la forme d’un exercice de traduction accompagné ou non d’une analyse de texte. L’épreuve du second semestre est de 6 heures et consiste en une version (notée sur 10) et un commentaire en langue vivante étrangère d’un extrait d’une œuvre du dix-neuvième au vingt-et-unième siècle (noté sur 10), selon le format de l’épreuve de la BEL.

A l’oral les élèves passent trois colles (entraînements oraux) dans l’année, qui s’ajoutent à l’entraînement régulier à l’oral en cours.

Espagnol LVA et LVB

Que vous ayez été inscrit jusqu’à présent en « Espagnol LV1 », « LV2 » ou « LV3 », vous pouvez, à la rentrée de septembre, choisir l’espagnol en LVA ou en LVB, selon vos projets et votre niveau. A horaire égal, la quantité et la qualité du travail exigé y sont identiques. Le groupe de LVA est réduit (moins de 20 élèves), les progrès et l’aide personnalisée sont donc facilités. Il n’est pas nécessaire d’être hispanophone pour faire le choix de l’espagnol LVA : un travail rigoureux et approfondi, des lectures en français et en espagnol permettent d’aborder sereinement les épreuves des concours.

L’année sera consacrée à la découverte et l’étude de textes et d’auteurs espagnols et américains, à l’approfondissement de grandes questions de la civilisation et de la culture hispaniques, ainsi qu’à la pratique de la traduction (version et thème). Il s’agit d’un enseignement de quatre heures hebdomadaires (LVA et LVB).

Afin de mieux vous préparer au travail qui vous sera demandé en hypokhâgne, je vous engage à profiter de l´été pour lire, en espagnol ou en version bilingue, des romans, pièces de théâtre, de la poésie, la presse hispanophone. Au fil de vos lectures, je vous conseille d’établir des fiches où vous noterez du lexique, des citations, des mots inconnus, des structures idiomatiques… susceptibles d’être réutilisés lors de travaux écrits et/ou oraux.

>> Bibliographie Espagnol LVA et LVB 2017-2018

Anglais LVA

L’année de lettres supérieures ou hypokhâgne est une année capitale dans toutes les matières mais plus particulièrement en langue vivante car si la langue et les compétences restent les mêmes que dans le secondaire, les outils d’étude changent et se complexifient: non seulement le travail sur la langue s’intensifie par un enrichissement grammatical et lexical et l’apprentissage des techniques de traduction, mais l’étude approfondie de la littérature et des procédés narratifs est abordée afin de préparer les élèves à l’épreuve de tronc commun du concours d’entrée à l’École normale supérieure qui consiste en un commentaire de texte et une version.

Les 4 heures de cours hebdomadaires se divisent généralement en 2 heures de travail sur la langue et 2 heures d’étude de la littérature.

>> Bibliographie Anglais LVA 2017-2018

Anglais LVB

L’étude de l’anglais LVB dans la classe de lettres supérieures (ou hypokhâgne) a des points communs avec l’étude de l’anglais LVA, bien qu’il n’y ait pas d’épreuve écrite en LVB au concours de la BEL, banque d’épreuves communes aux Écoles normales supérieures (Ulm, Lyon et Cachan), à l’issue de la deuxième année de classe préparatoire, quelle que soit la section en première supérieure, classique ou moderne. L’épreuve de LvB étant à l’oral au concours (commentaire de texte littéraire ou journalistique selon la section) l’accent est mis sur la pratique orale, tout en ne négligeant pas les travaux écrits. Pour les élèves ayant l’intention de passer les épreuves de la BCE (banque commune d’épreuves) qui prépare aux écoles de commerce, l’étude d’une deuxième langue s’avère essentielle dans leur parcours en CPGE.

Les 4 heures hebdomadaires se divisent généralement en 2 heures de travail sur la langue et 2 heures d’étude de la littérature ou de la civilisation.

Comme en LVA, le travail sur la langue se fonde sur un programme de consolidation et d’acquisition lexicales et grammaticales sous forme d’exercices et de thèmes grammaticaux auxquels s’ajoute un entraînement à la traduction. L’approche de la littérature se fait par le biais de l’étude d’extraits d’œuvres et d’œuvres complètes.

Ce travail est évalué tout au long de l’année par des devoirs sur table et des devoirs-maison ainsi qu’un concours blanc par semestre. Le premier prend généralement la forme d’une version tandis que le second est un commentaire de texte. Les élèves passent également trois colles (entraînement à l’oral) dans l’année dont le contenu est en lien direct avec le travail sur la langue, puis l’étude d’une œuvre faite en cours.

>> Bibliographie Anglais LVB 2017-2018

Option arts plastiques

L’option histoire des arts à Condorcet offre la spécificité de proposer en hypokhâgne des cours de pratique plastique. En effet sur les six heures d’enseignement, trois sont dévolues à la pratique artistique. Celle-ci ne suppose pas un apprentissage antérieur ou des qualités de dessinateur particulières même si tous savoirs et compétences sont toujours bienvenus. Les pratiques artistiques modernes puis contemporaines ont introduit une diversité de possibles, de la photo à l’image numérique, de la performance à l’installation qui permettent à tous les étudiants d’avoir des réponses pertinentes à un sujet donné.

De même, l’antériorité de cours d’histoire de l’art n’est pas une condition exclusive pour intégrer cette option. Elle est ouverte à tout élève pour qui les Arts sont un choix nécessaire et exigeant.

L’horaire de l’option se distribue en hypokhâgne comme en khâgne sur six heures qui ne sont plus vouées qu’à l’histoire de l’art en khâgne.

Si le programme en hypokhâgne d’histoire et théorie des arts reste généraliste, s’essayant à couvrir la période s’inscrivant du « Moyen- Âge à nos jours » à travers des thématiques, investiguant ce qui concerne la muséographie, le marché de l’art et les manières d’analyse des œuvres, celui de la classe supérieure se concentre sur les thèmes à étudier pour le concours de l’ENS Ulm ou Lyon.

L’emplacement idéal du lycée Condorcet permet les déplacements rapides dans toutes les expositions et musées qui permettent de voir les œuvres in situ dans les meilleures conditions. Ces visites sont une composante essentielle dans le travail d’apprentissage en histoire de l’art.

A cet égard de nombreux voyages sont effectués à l’étranger au regard des programmes proposés. Ainsi l’année dernière ont eu lieu un voyage à Venise pour les hypokhâgnes et deux pour les khâgnes, à Londres puis à Barcelone. Et cette année, Amsterdam à la Toussaint, Venise en mai et Londres entre les deux.