Voyage à Nantes – khâgne moderne

Voyage à Nantes – Khâgne moderne

Petite chronique de la khâgne moderne (Première Supérieure Moderne) : Une journée à Nantes.

L’excursion était organisée dans le cadre du programme de géographie 2019 de l’ENS-Lyon, Les littoraux dans le monde. L’objectif pédagogique était de découvrir les transformations de cette ville de fond d’estuaire, après la perte quasi-totale de ses fonctions de port maritime, désormais relocalisées à St Nazaire alors qu’elles avaient été, pendant des siècles, constitutives de l’identité de la ville.

Située à une quarantaine de km de la mer, Nantes revendique pourtant une « maritimité », concept au coeur de notre programme.

De surcroît, la visite de Nantes permettait d’aborder l’un des thèmes du programme de spécialité Histoire, L’Atlantique au XVIIIe siècle, voire même d’effleurer au passage le thème Art et Mémoire, au programme de la spécialité Histoire des Arts.

C’est ainsi qu’un samedi de novembre, une trentaine d’étudiants de la khâgne moderne se sont retrouvés au petit matin en Gare Montparnasse autour de leur professeur.

Quelques heures plus tard, nous étions à Nantes, prêts pour la visite du Château des Ducs de Bretagne, magnifique château Renaissance intégré à une enceinte médiévale,  qui abrite le musée d’histoire de la ville.  Les parcours « Nantes, ville née du fleuve et de l’Océan » et « Nantes et la traite esclavagiste » étaient particulièrement en rapport avec nos centres d’intérêt.

Grâce à un temps exceptionnellement clément pour la saison, c’est en plein air, dans la cour du Château, que nous avons pu pique-niquer, en compagnie de deux étudiantes en géographie de l’Université de Nantes qui avaient accepté de consacrer un peu de leur temps à des échanges informels avec notre groupe. Elles nous ont fait part, notamment, des sentiments très partagés, chez les étudiants nantais, quant à l’éventuelle « maritimité » de leur ville, et nous ont proposé d’organiser, ultérieurement, un sondage en bonne et due forme sur cette question.

 Le cheminement à travers les rues du quartier historique, puis le long des quais de Loire, nous a conduits devant  la passerelle Victor Schoelcher, en hommage au grand homme qui contribua à obtenir en 1848 l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises … et qui avait fait ses classes au lycée Condorcet !    

 Le parcours s’est poursuivi avec la visite, émouvante, du Mémorial pour l’abolition de l’esclavage, inauguré seulement en 2012, dans cette ville qui au XVIIIe siècle tira sa prospérité de la traite esclavagiste.  En surface, deux mille plaques de verre portent les noms des navires nantais engagés dans la traite. La partie souterraine, entièrement en béton brut, expose des paroles de victimes et des témoignages de la lutte contre l’esclavage.

Puis, la Loire franchie par le pont Anne de Bretagne, nous voici sur l’Ile de Nantes, à l’emplacement des anciens Chantiers Navals. Là se sont concentrés les efforts de la municipalité pour maintenir vivant le souvenir de l’activité portuaire aujourd’hui disparue : ancien entrepôt géant des Chantiers transformé en espace de divertissement sous le nom des Machines de l’Ile, anciennes grues de manutention restaurées et patrimonialisées, rampes de mise à l’eau préservées au pied des parcours de promenade… C’est dans ce décor atypique, très fréquenté par les Nantais,  que nous prêtons l’oreille aux sons plein de fantaisie d’une fanfare et que nous assistons aux déambulations de l’éléphant articulé, spectaculaire réalisation technologique et ludique.

Là, nous attend un jeune géographe de l’Université de Nantes, qui nous fait bénéficier d’un bref aperçu de ses recherches de Master sur l’exploitation touristique de la maritimité et répond à nos questions. 

Le long du Quai des Antilles, se profilent les dix-huit anneaux de Daniel Buren (sculpteur contemporain… et ancien élève du lycée Condorcet), à la symbolique polysémique mais qui évoquent, en premier lieu, les fers de la servitude entravant les pieds des esclaves.

18 Nantes Anneaux de Buren et ND de Bon Port

Nous rejoignons la « gare maritime », dénomination hyperbolique d’un modeste embarcadère, pour emprunter la navette fluviale Navibus. Nous traversons l’estuaire, longeant cette fois depuis la Loire les anneaux de Buren, pour arriver à Trentemoult, ancien village de pêcheurs aux petites rues calmes et aux maisons colorées, aujourd’hui quartier à la mode pour artistes et intellectuels nantais.

24 port de plaisance de Trentemoult face Nantes

La traversée du retour, puis le tramway, nous permettent de rejoindre la gare du TGV avant la nuit.  Journée fatigante, mais joyeuse, qui aura apporté non seulement un enrichissement culturel, mais aussi, nous l’espérons,  un resserrement des liens amicaux au sein du groupe.

 

 

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