Normandie 2015

À l’étonnement admiratif de notre chauffeur, pas un des 36 élèves de 1ère S2 ne manquait à l’appel, ce mercredi 15 avril 2015 devant les portes du lycée Condorcet… Et 10 minutes avant 7 heures, nous avons pu larguer les amarres, en avance donc ! Direction les Normandie(s), la Basse d’abord ! Sous le soleil.

normandie-01Très en avance sur l’horaire, notre chauffeur nous a proposé de faire un crochet par Caen (Calvados), en faisant une halte au chateau de Caen – forteresse médiévale construite vers 1060 par Guillaume le Conquérant, à l’intérieur de laquelle nous avons pénétré par la barbacane de la porte Saint-Pierre mais dont nous n’avons eu le temps d’apercevoir que les jardins et les fortifications – puis à l’abbaye aux Hommes qui abrite aujourd’hui l’Hôtel de Ville, et en passant deux fois devant la statue équestre du Connétable Du Guesclin. Toujours sous un ciel bleu éclatant.

normandie-02Cet intermède nous a permis d’arriver au Mémorial de Caen pour l’heure de notre visite, fixée à 11 heures, sans avoir à attendre.
Avant ou après le parcours guidé « Guerre mondiale, guerre totale » inscrit à notre programme, chacun des deux groupes a pu visiter – au pas de course – le bunker souterrain, poste de commandement du général Richter, sur lequel le musée a été construit, une « galerie, longue de 70 mètres sur 5 mètres de large, muséographiée dans toute sa continuité, dans une ambiance sombre et oppressante ». En effet.

normandie-03Les élèves ont suivi avec beaucoup d’attention les explications de nos guides, répondant à leurs questions avec beaucoup de spontanéité et d’efficacité.

Un seul regret : ne pas avoir pu revenir sur nos pas pour découvrir le reste des collections car nous étions attendus à 13 heures pour la projection du film « Le Jour J » ou « D-Day ». Sur un écran panoramique divisé en deux ont défilé sous nos yeux les images du débarquement du 6 juin 1944 : à gauche les préparatifs des Alliés sur le sol britannique et la mise en route de l’armada, à droite les préoccupations des Allemands entre anticipation et stupéfaction. Puis, au fur et à mesure de la progression des premiers et de la réaction des  seconds, les scènes se sont succédé à un rythme de plus en plus rapide alternant les uns et les autres jusqu’au choc attendu. Impressionnant et émouvant.

normandie-04Alors est arrivé le temps du déjeuner et d’une pause bienvenue : à chacun son sandwich « crudités-fromage ou crudités-jambon » – dont le choix avait donné lieu à une laborieuse consultation… – suivi d’un fondant au chocolat et d’une pomme, le tout arrosé d’une fraîche eau minérale.

Et nous sommes remontés dans notre bus à 14 heures 30, accompagnés-guidés cette fois par Mario Cappiello – Tourist Guide – dont la verve et les plaisanteries ont créé une belle ambiance et tenu en haleine le groupe entier pendant toute la visite des plages du débarquement, du cimetière américain de Colleville-sur-mer qui suplombe la plage d’Omaha au port artificiel d’Arromanches en passant par les batteries de Longues-sur-mer…

normandie-05Mario a replacé le Débarquement dans le contexte général de la Seconde Guerre mondiale, expliqué le choix de la Normandie dans la reconquête de l’Europe et les enjeux du Débarquement en alternant discours historique et jeu de questions-réponses pour stimuler l’attention. Efficace pour maintenir l’attention en éveil même après un repas frugal ! Et nous avons appris ce que tout lycéen italien connaît, le sens de l’acronyme ROBERTO… soit l’axe Rome-Berlin-Tokyo !

normandie-07Il était plus de 18 heures 30 quand nous avons pris congé de notre sympathique guide et découvert notre logis, à savoir le « Formule1 – Caen Mémorial » dont la gérante avait astucieusement pris sur elle de prévoir une « aile filles » et une « aile garçons » et de placer au milieu de chacune d’elles accompagnatrice et accompagnateur… Compliqué malgré tout quand les unes sont 25 et les autres 11 ! Le site de cet hôtel est parfait car il fait face sans avoir à traverser de chaussée à une pizzeria au chef très accueillant – et accommodant – qui nous a permis de tous dîner là tranquillement. normandie-06Hélas, en cette soirée très footballistique, son écran géant n’était pas destiné au PSG… Heureusement (pour ceux que ça intéressait) les TV du Formule 1 sont branchées sur Canal +… Autre avantage de cet hôtel, il jouxte aussi un supermarché où nous avons acheté toutes les provisions plus ou moins indispensables au pique-nique du lendemain ! La soirée fut marquée par une certaine déconvenue côté football mais la nuit fut calme et propice à un sommeil réparateur pour affronter la journée chargée du jeudi 16 avril.

Après un petit-déjeuner dans une salle bien petite où les élèves se sont succédé par petits groupes selon un timing précis et serré – et très bien respecté – calculé la veille par leur professeur de physique, nous sommes remontés dans notre bus à 8 heures 30. Direction le pont de Normandie, à cheval sur la Basse- et la Haute- (pour quelque temps encore) Normandie.

Dans un local à quelques encablures du pont, un ancien ingénieur des BTP, au mieux de sa forme, nous a livré un exposé très complet – n’hésitant pas à interroger son public pour en vérifier les connaissances et les compétences – sur la construction de ce pont à haubans, son intérêt géopolitique, ses prouesses techniques et les défis à relever, le tout entrecoupé d’anecdotes très personnelles pour détendre l’atmosphère. Il est ensuite monté dans notre bus et nous a conduits sous le pont – mais pas tout à fait par mesure de sécurité – près d’une des grandes piles. Passionnant (le guide) et grandiose (le pont).

Nous avons fait halte à la sortie du pont, sur l’autre rive de la Seine, en Haute-Normandie cette fois, pour la pause déjeuner. Toujours sous le soleil.

normandie-08Au programme de notre dernière étape : une visite guidée en bateau du port du Havre à 14 heures. Nous avons embarqué Digue Charles Olsen sur le « Ville du Havre II » en compagnie d’autres curieux – plus nombreux qu’à l’habitude – poussés à cette escapade par une météo clémente qui ne nous a pas lâchés de tout le voyage.

Ont alors défilé sous nos yeux les paysages typiques des zones-industrialo-portuaires (ZIP) avec terminal pétrolier puis minéralier puis à conteneurs, les tankers et les porte-conteneurs, la centrale thermique qui alimente Le Havre en énergie en cas de surconsommation, l’écluse François Ier (au loin) puis, au-delà du port, les paysages urbains classés au patrimoine mondial (dominés par l’église Saint-Joseph haute de 107 mètres et les 133 hectares construits par Auguste Perret) dont la « poésie du béton » a laissé perplexes un certain nombre d’entre nous, et enfin la plage (pour beaucoup plus tard !)… Accompagnés par quelques voiliers, nous sommes rentrés au port. Ravis.

(où il faut chercher les hommes d’équipage si petits qu’on les distingue à peine)

normandie-0915 heures 30, il était temps de reprendre notre bus pour regagner Paris, en traversant cette fois la Seine par le pont de Tancarville (un pont suspendu) sur une suggestion du chauffeur lui-même, retour ralenti par une petite halte et quelques bouchons mais agrémenté in extremis avenue Kléber par le spectacle des montgolfières, limousines, tapis rouges et tenues de gala aux abords du palace « The Peninsula » inauguré ce jour-là, et par une cérémonie sous l’Arc de Triomphe avec la Garde Républicaine, sa cavalerie et sa fanfare rutilantes… Points d’orgue d’un périple historique et géographique réussi.

Brigitte Chevallier